Connaissez-vous le syndrome du nid vide?

nid vide sur une branche

C’est un grand jour, celui où le nid se vide ! Après plus de 20 ans, voire 30 ans, à être le chef d’orchestre de la maisonnée, c’est terminé. L’unique, ou le dernier, enfant de la famille prend son envol. Votre fils a officiellement une nouvelle adresse… différente de la vôtre. Bien sûr, vous vous attendiez à ce moment et pourtant, vous vous sentez mal. Vous souffrez peut-être, comme 35% des parents, du syndrome du nid vide.

Qu’est-ce que le syndrome du nid vide ?

Ce syndrome touche majoritairement les mères. Traditionnellement, dans notre société comme dans la plupart, les mères sont investies dès la naissance de l’enfant à prendre soin de lui dans tous les actes du quotidien. De ce fait, l’enfant occupe une grande place au sein de la famille. L’éducation, la scolarité, l’intendance, les soins quand il est malade, la relation, tout cela représente une part importante en termes de temps, mais aussi d’attention, dans la vie d’une mère. C’est d’ailleurs pourquoi tout ce qui est en lien avec les enfants représente une bonne part de la charge mentale.les oiseaux volent hors du nid

Chacune élève ses enfants en sachant qu’ils voleront un jour de leurs propres ailes. C’est normal et dans l’ordre des choses. Ainsi vous avez surement coché toutes les cases pour qu’il soit bien armé pour gérer sa vie. Secrètement, vous êtes fière de voir votre investissement récompensé. Mais vous êtes triste, désœuvrée. La maison vous semble désespérément vide, et votre nouveau temps libre vous fait peur. Vous ne comprenez pas pourquoi, alors que vous devriez vous réjouir de la tâche accomplie et du bonheur de votre enfant d’être devenu autonome, vous traînez votre mélancolie de sa chambre au réfrigérateur.

Comment se préparer au départ des enfants ?

Mon discours est un peu différent de celui qui est traditionnellement tenu. En effet, il est possible de dire à une mère de se détacher petit à petit de son enfant. Il est d’usage de lui dire d’éviter d’être trop fusionnelle. Toute mère sait que son rôle est d’amener son enfant à une autonomie progressive au fur à mesure qu’il grandit. Le plupart des mères savent qu’elles doivent vivre leur vie de femme sans que celle-ci soit phagocytée par les enfants. Il est facile de dire qu’il faut se préparer au départ de son enfant ou de ses enfants.

Mais, même en sachant tout cela, il n’est pas sure que vous évitiez ce syndrome. Tout simplement parce que nul ne présage pas de sa vie psychique et émotionnelle.  Vous pouvez dire à une nouvelle mère de tout faire pour éviter le Baby blues, je ne crois pas que cela l’empêchera de le vivre. Pour le syndrome du vide, c’est un peu la même chose.jeune homme de dos qui a quitté le nid

Il faut néanmoins reconnaître que la manière dont les femmes vivent le grand départ de leur poussin est différente selon les personnalités des uns et des autres, bien sûr, mais aussi selon les situations. En effet, le changement peut être plus difficile si :

  • vous êtes une maman solo
  • votre enfant est un enfant unique
  • Le départ est loin du domicile
  • votre enfant souffre d’une maladie ou d’un handicap
  • il s’agit de sa première absence de plus d’une semaine
  • C’est votre petit dernier qui a une grande différence d’âge avec le précédent enfant
  • vous vivez un événement douloureux concomitant,…

Sachez-le pour prendre les devants en vous préparant au départ. Par exemple, vous serez davantage tranquillisée de savoir que votre enfant est capable de se faire à manger ou de faire une lessive, de gérer son budget, de travailler seul, … Cette anticipation se fait sur des années.

Comment se manifeste le syndrome du nid vide ?

Vous vous étiez préparé au départ de votre enfant. Il est tout à fait normal de vous sentir un peu déboussolée dans les premiers jours qui suivent son départ. Vous n’avez plus d’oisillon à nourrir dans votre nid. En revanche, si la tristesse perdure, si vous n’arrivez pas à vous défaire de ce sentiment douloureux qui prend toute la place dans votre vie, vous êtes réellement touchée par le syndrome du nid vide.

Femme seule sur un banc qui vite le syndrome du nid vide

Dans ce cas, vous pouvez ressentir le besoin de pleurer sans raison, un détachement face aux choses de la vie. Vous n’avez plus envie de rien. Ce qui vous fait plaisir habituellement vous ennuie. Vous pouvez même éprouver un réel mal être physique.

Cela rappelle un syndrome dépressif et mérite d’être considéré sérieusement s’il vous pourrit la vie.

Comment guérir du syndrome du nid vide?

Tout d’abord, sachez que, d’après les psychologues, il faut de 18 mois à deux ans pour aller mieux. Donc accordez-vous le temps nécessaire et acceptez cette parenthèse de flottement.

 Vis-à-vis de votre enfant

Il me semble que le plus important est de ne pas faire peser votre souffrance sur les épaules de l’enfant. Vous lui briseriez les ailes et personne n’y gagnera. Ne lui ressassez pas les beaux jours perdus. Ne le prenez pas à témoin de votre mal-être. Vous devez vous interdire tout signal qui le ferait culpabiliser.jeune femme qui a quitté le nid et déménage dans son appartement

Votre rôle de mère est d’être là pour lui. Il doit le savoir mais inutile d’insister.

Accepter le rythme de contact qui lui convient. Ne l’inondez pas de messages à tout bout de champ pour tout et pour rien. Ne lui imposez pas de rythme de visite ou d’appels. Il vit sa vie et vous devez vivre la vôtre.

Ne lui proposez pas de revenir sous votre toit au premier coup de blues ou à la première difficulté matérielle.

C’est ainsi que votre enfant continuera à grandir et vous aussi !

Et puis, pensez à tout ce que vous allez économiser en temps de gestion du linge, des repas et de toutes les petites obligations du quotidien. Vous allez même faire des économies de nourriture une fois que vous aurez réajusté les quantités, de vacances, de transport, d’eau, etc… Pourquoi ne pas programmer un voyage ou vous faire un cadeau avec cette économie ?

Vis-à-vis de vous

Remettez-vous au centre de votre monde ! Faites-vous plaisir. Instituez des rituels qui remplaceront ceux que vous aviez avec votre enfant, mais des rituels agréables, pas des ressassements stériles.

De même évitez de « traîner votre misère » au travail. Ce temps hors de chez vous ne doit pas être un prolongement de ce que vous vivez dans votre foyer. Personne n’apprécie les collègues tristes et focalisés sur leur personne. Il existe plein d’autres sujets de conversation autres que les enfants pour les pauses durant votre journée de travail.

Parlez-en avec votre conjoint, avec vos amies, surtout celles qui vivent ou ont déjà vécu cela. Je suis sure que raconter vos anecdotes respectives vous fera rire et aura un effet de catharsis.deux femmes parlent du syndrome du nid vide

Réinvestissez votre vie de couple si vous vivez ainsi. Les enfants prennent une énorme place dans un foyer et votre couple s’est peut-être mué en couple uniquement parental. Après un moment de flottement normal dans un premier temps, vous pouvez retrouver un nouveau souffle dans cette vie à deux qui est à réinventer. Votre couple peut aussi s’avérer ne plus avoir de raison d’exister en dehors de sa fonction parental. Dans ce cas, vous ferez les choix qui vous conviennent.

Vous pouvez utiliser le temps donné maintenant pour vous consacrer à des activités impossibles pour vous avant. Ce peut être une formidable opportunité pour rencontrer des personnes hors de votre cercle habituel. Finalement, une vie sociale plus riche n’est peut-être pas pour vous déplaire.

Si votre enfant est parti pour une vraie installation, vous éviterez de faire de sa chambre un sanctuaire. Au contraire ! Attribuez à cette pièce une nouvelle fonction. S’il n’a pas débarrassé ses affaires, mettez-les dans des cartons qu’il triera et prendra s’il le souhaite. Changer les meubles de places, virez ce qui est trop enfantin et refaites la décoration si vous ne pouvez refaire la chambre complètement. Et si votre enfant revient dormir de temps en temps parce qu’il habite loin, il pourra toujours occuper la chambre d’amis ou celle-ci qui le sera devenue. Il est dommage de ne pas investir une pièce de son logement. Et d’expérience, je pense que nous n’avons qu’un seul véritable chez soi. Si c’est chez lui, ce n’est pas chez vous.

Si malgré tout, le syndrome persiste et rend votre vie trop difficile, n’hésitez pas à prendre rendez-vous avec un psychologue pour en parler. Je crois aussi à l’effet adjuvant positif des pratiques sportives ou artistiques. Testez également les pratiques qui allient corps et esprit comme le yoga, la sophrologie, la méditation dont les effets sur le mental sont prouvés.

pont qui mène à la forêt pour une nouvelle vie hors du nid

Mais vous avez peut-être vous-même trouvé d’autres solutions que celles que j’évoque pour venir à bout du syndrome du nid vide. Je serai curieuse de les connaître. Pour cela, vous pouvez témoigner ci-dessous. Vous pouvez aussi écouter des témoignages dans cette vidéo.

Certains vous diront de remplacer l’oiseau par un chien… ou un chat. Pourquoi pas ? Ce qui compte c’est d’aller bien et de continuer à mener sa vire sans se morfondre parce que les enfants sont partis. Souvenez-vous que vous avez quitté vos parents vous aussi et, à l’époque, il n’y avait ni internet, ni téléphone portable !

A lire : « Le jour où les enfants s’en vont » Béatrice Copper-Royer, psychologue clinicienne (Albin Michel)

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